Définition du stress : état survenant lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a des ressources pour y faire face.

Il faut néanmoins différencier un état de stress aigu et un état de stress chronique. Le premier peut être stimulant ou inhibant mais disparaît à l’arrêt d’un évènement contraignant et ne représente, la plupart du temps, aucun dommage pour la santé.

L’état de stress chronique correspond à l’épuisement d’un organisme trop longtemps soumis à une contrainte et a des conséquences néfastes pour la santé (voir ci-dessous).

Définition des risques psychosociaux : expression plus large qui évoque diverses situations de mal-être, ressenti négatif par rapport au travail. Elle renvoie à des contextes et à des causes très variées : surcharge de travail, contraintes excessives de temps mais aussi perte de repères, difficultés à trouver du sens au travail, conflit de valeurs…

Elle rappelle surtout que la santé psychique n’est pas une dynamique individuelle, mais qu’elle se construit aussi dans la relation aux autres : par la reconnaissance, par la possibilité d’échanges et de coopération dans le travail, avec le soutien de ses collègues et de la hiérarchie.

Comment le stress s’installe : d’abord la réaction sera passive : la situation de travail stressante est subie et les sentiments d’impuissance et de paralysie dominent.

Dans un deuxième temps, les tentatives d’adaptation se développent. Selon les personnalités, trois types de stratégies de réponse ou d’adaptation sont alors observées :

– réponses d’ordre émotionnel comme exprimer sa colère ou au contraire l’inhiber ou ruminer ses erreurs

– réponses d’évitement comme la demande de changement de poste ou l’arrêt de travail

– recherche de solutions, si cela est possible, par une meilleure information, une réorganisation de son travail ou sollicitation de ses collègues dans une recherche de stratégies collectives.

Les symptômes de stress chronique sont réversibles et cessent dès qu’une solution est trouvée. Mais si les stratégies d’adaptation s’avèrent inefficaces ou inacceptables pour la hiérarchie, l’état de stress chronique se pérennise menaçant l’intégrité physique et mentale de la personne. Les symptômes s’installent et s’aggravent entraînant des altérations de la santé qui peuvent devenir irréversibles.

Conséquences néfastes pour la santé : le stress et les risques psychosociaux sont à l’origine de troubles sur le plan psychologique, avec un impact plus ou moins grave sur les plans psychiques et physiques.

– physiques : douleurs (coliques, maux de tête, tension et douleurs musculaires, articulaires, troubles du sommeil, de l’appétit, de la digestion, sensation d’essoufflement ou oppression, sueurs inhabituelles….) maladies cardiaques, troubles musculo-squelettiques

– émotionnels : sensibilité et nervosité accrues, crises de larmes ou de nerfs, angoisse, excitation, tristesse, sensation de mal-être, fatigue, épuisement émotionnel (burn out)

– intellectuels : perturbations de la concentration nécessaire à la tâche entraînant des erreurs et des oublis, difficultés à prendre des initiatives ou des décisions… Répercussions sur le comportement :

– recours à des produits calmants ou addictions (somnifères, anxiolytiques, alcool…)

– prise d’excitants (café, tabac…)

– fuite par rapport à un environnement agressif : inhibition, repli sur soi, diminution des activités sociales…

– suicides dans les cas les plus graves

Ces troubles peuvent se traduire par du désengagement au travail, un absentéisme accru, des conflits entre les personnes. Le harcèlement est un aspect particulier de manifestations de relations très dégradées dans le travail, il fait l’objet d’une réglementation spécifique.

Les rapports de cause à effet entre conditions de travail et risques psychosociaux sont complexes et l’appréciation des conditions de travail est pour partie subjective. Pour autant, de nombreuses études épidémiologiques montrent que certains contextes de travail génèrent systématiquement des facteurs défavorables à la santé.

C’est donc dans le travail qu’il faut prioriser la recherche des causes du mal-être.

Travail, trepalium en latin, machine à trois pieux, une machine à torturer

Le lien entre travail et santé est prouvé depuis longtemps. Mais depuis quelques années, une offensive interne psychologique a été déclarée par le gouvernement et divers employeurs.

Celle-ci se concrétise par une politique d’exclusion basée sur la pression et la peur au travail qui aboutit à la maladie.

L’arbre des causes se trouve dans l’organisation pathogène du travail.

Le management est le mode de pressions utilisé par les équipes de direction sur un personnel qui manque d’informations. Aussi, l’intensification du travail et les pressions psychologiques se multiplient.

Causes : les 4 grandes familles de tensions liées :

– aux contraintes de travail (tensions entre les objectifs de travail et les moyens mis à disposition, imprécision des missions…)

– aux valeurs et exigences de l’employé (tensions entre les exigences

de travail et celles de la vie hors travail, incompatibilité des horaires de travail

avec la vie sociale et familiale, manque de reconnaissance du travail…)

– à la conduite des changements des contextes de travail (réorganisation, surcharge ou sous-charge de travail…)

– aux relations entre groupes et individus (insuffisance de communication, manque de soutien de la part des collègues et des supérieurs hiérarchiques, management peu participatif, isolement social ou physique…).

Extraits de rapports de l’INRS et de l’ANACT. Localement, les machines tombent en panne. Les fournitures n’arrivent pas dans les délais. La capacité de réagir est souvent sollicitée face aux changements fréquents. L’amplitude des horaires s’élargit. Le nombre d’heures augmente dans la semaine.

Les pénibilités sont individualisées.

La complexité et les charges de travail augmentent sans remplacement ou recrutement. Les agents en maladie ou partant à la retraite ne sont pas remplacés. Les problèmes relationnels entre collègues, usagers, hiérarchie s’enveniment. Il est fortement déconseillé d’occuper le même poste dans ces conditions pendant 40 ans ou 50 ans (nous ne sommes pas des citrons que l’on jette après usage).

Ainsi, sachez qu’il existe un rapport sur la souffrance au travail de 500 pages constituées après 5 ans de discussion émanant de Jean-Pierre Soisson, député de l’Yonne. SUD-Solidaires a été sollicité à 3 reprises dans la constitution du rapport en 2007.

Il préconise la mise en place :

-d’une campagne de prévention médicale sur le stress au travail, -d’un réseau d’expertise et d’audit avec des cellules de travail et un CHS renforcé, -d’un livret ouvrier qui accueille l’agent harcelé, nous devons récupérer les personnes qui souffrent d’une forte demande psychologique et d’une faible autonomie, -de mobilisations syndicales et dialogues, la hiérarchie est sourde quand elle veut, -de rapports de forces pour diminuer la soumission au travail, le harcèlement est une perte de la capacité d’affirmation, -d’un meilleur soutien au travail en diminuant les temps de travail les plus pénibles, -d’une diminution de la précarité en humanisant le travail, -d’une conciliation entre le travail et le hors travail, -d’une utilisation et le développement des compétences des agents, -d’une participation démocratique des agents aux nouvelles organisations en évitant les horaires atypiques qui correspondent à une pénibilité irréductible.

N’hésitez pas à utiliser ce document pour vous défendre et faire pencher le rapport de force du côté des salariés. Dans le cas où vous avez besoin d’accompagnement psychologique, juridique et social, une équipe de juristes, assistantes sociales et psychologues compétents sont à votre disposition pour une évaluation complète de votre situation et de vos besoins.

Pour cela, adressez-vous aux syndicats SUD partout en France (et surtout Sudct Pau-Cda-Ccas !!), notre numéro au local est le 0631 60 71 80 (plutôt le jeudi est le vendredi ) , ou les deux relais suivants. Quoiqu’il en soit on a qu’une vie, ne vous faites pas bouffer par votre emploi et luttez avec nous pour une évolution positive de nos conditions de travail.

-dans la collectivité, Mademoiselle Cécile JOUZAC, tél. 0559148653, psychologue du travail, 26 avenue des Lilas, villa Ridgway, 64000 PAU -en dehors de la collectivité, l’Association Pyrénéenne d’Aide aux Victimes et de Médiation, APAVIM, tél. 0559279123, 41 rue Bonado 64000 PAU

Le mal-être est perceptible et ressenti mais pas toujours mis en mots et exprimé. Alors n’hésitez plus à en parler autour de vous, à vos collègues, au médecin du travail, à la psychologue du travail, avant qu’il ne vous dévore. C’est d’ailleurs le seul moyen de dénoncer cette réorganisation qui gangrène notre collectivité toute entière, où la productivité et la performance sont toujours mises en avant.

Quelle performance ? Celle de subir jusqu’à l’épuisement ? Jusqu’à la mort dans le pire des cas ? Être toujours plus productif sans reconnaissance du travail accompli ? Cela est incompatible, nous et vous l’avons bien compris. Reste à faire admettre à notre collectivité qu’elle a pris un bien mauvais chemin pour nous rendre plus dociles et plus productifs. Car le stress au travail est une perte de productivité, argument pourtant sensible par ces temps de crise… La qualité de vie au travail passe par une organisation saine et de bonnes conditions de travail afin de nous rendre tous gagnants.

Lexique :

Burn out : le burn out est une autre conséquence d’un état de stress chronique professionnel. Il s’agit d’un syndrome d’épuisement physique et mental qui atteint plus spécifiquement les professionnels qui sont en relation d’aide, d’assistance, de soins ou de formation auprès du public. Il se caractérise par 3 symptômes : – l’épuisement émotionnel (impression de saturation affective et émotionnelle vis-à-vis de la souffrance d’autrui) – le désintéressement de la relation (avec des attitudes et des sentiments négatifs et cyniques envers les usagers) – une diminution du sentiment d’accomplissement personnel au travail (tendance à l’auto-évaluation négative en particulier vis-à-vis de son travail avec les usagers).

T.M.S. : les troubles musculosquelettiques du membre supérieur et de la partie supérieure du dos sont de plus en plus souvent rapportés à une combinaison de risques : sollicitations biomécaniques dues à des mouvements répétitifs mais aussi manque de soutien social ou insatisfaction à son travail.

Turn over : rotation naturelle du personnel, phénomène révélateur de démotivation des employés.