Revue de presse grève général du 12 juin 2012

Publié le 31/05/2012 à 06h00
Par Sud Ouest / odile faure

La grève à la mairie de Pau arrive à grands pas

Le 12 juin, une partie des agents de la Ville et de l’agglo risquent de manquer à l’appel.

En juin 2008, une grève des agents à l’appel de FO et Sud avait laissé des traces. (arch. G. B.)

Cette fois, plus rien ne semble pouvoir faire cesser le ras-le-bol d’une partie des agents communaux et de l’agglomération. Ils menacent de faire grève le 12 juin à l’appel de la CFDT, FO et Sud. Selon leur estimation, entre 60 et 80 % des agents des services techniques pourraient suivre leur mot d’ordre, 50 à 60 % dans l’administration, 100 % dans certains services comme l’urbanisme réglementaire. Une réunion est prévue entre syndicats en début de semaine prochaine pour fixer les modalités du mouvement et décider d’un dépôt de préavis de grève.

L’évolution des carrières

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est cette dernière rencontre entre syndicats et responsables de la Ville dont Martine Lignières-Cassou vendredi dernier. Appréciée différemment selon quel côté on se place (voir par ailleurs), elle s’est soldée, selon les syndicats par un échec. Elle devait redonner une chance à la commission administrative paritaire que les syndicats avaient boycottée le 23 avril dernier. Cette CAP devait faire le point sur les critères d’évolution de carrière pour les agents.

« Ces critères ont été remis en cause de façon unilatérale, on ne comprend pas pourquoi. Surtout quand on sait que cela représente une dizaine d’euros par mois par agent », explique Jean-Vincent Carol, secrétaire adjoint de la section CFDT des communaux et de la communauté d’agglomération. La CAP n’est que consultative et la maire a jusqu’au 29 juin pour rendre sa décision sur ces critères.

Ce différend vient alimenter un malaise plus profond qui se nourrit régulièrement d’accrocs. On l’a vu avec la piscine Péguilhan, un dossier compliqué qui a d’abord été traité avec peu de transparence vis à vis des agents. On passe sur la menace de grève dans les parkings et la direction des déchets.

Aujourd’hui, des voix se lèvent contre la restriction des horaires de la médiathèque. Est-ce dû à un manque de moyens en personnel ou à une mesure estivale ? Aucune réponse claire n’a été formulée aux agents. Le 19 juin, jour de l’ouverture, le syndicat Sud appelle d’ores et déjà à une grève.

Calendrier électoral

Et puis, il y a ce qui ne se dit pas et qui pourrait être abordé en CHSCT (Comité hygiène, sécurité et conditions de travail) comme ces deux tentatives de suicide sur le lieu de travail, un dans les services de l’agglomération, à l’Hôtel de France, place Royale et un autre dans les piscines. « On ne dit pas que ce sont des suicides liés au travail mais pour enlever le doute, on aurait pu diligenter une enquête et surtout informer le CHSCT. Ce qui n’a pas été fait », affirme Jean-Vincent Carol.

« Nous sommes face à une équipe dirigeante qui navigue à vue, c’est un échec », remarque Morad Tahraoui, le représentant du syndicat Sud à la ville et à l’agglomération. « Que l’opposition ne se réjouisse pas trop, elle prendrait double dose. Ce n’est pas nous qui fixons le calendrier électoral, nous nous battons pour les agents » poursuit-il face à l’opportunité d’un mouvement social en pleine campagne pour les législatives où la députée-maire brigue un nouveau mandat.

Morad Tahraoui s’étonne d’ailleurs de la non participation de la CGT à l’intersyndicale. « Certains doivent avoir des accointances avec le Parti socialiste. » Un Parti socialiste, par le biais de son représentant fédéral, qui ne se prononce pas sur le conflit à Pau mais qui n’en pense pas moins sur la démarche des syndicats.

Les adversaires ou concurrents de Martine Lignières-Cassou boivent du petit-lait. Le conseil municipal de ce jour (à 12 h 30 en mairie) promet d’être houleux malgré un ordre du jour maigrichon. Vendredi, l’adjoint « à rien » Pascal Boniface va sortir du bois pour faire la liste des critiques à l’encontre de Martine Lignières-Cassou. Bref, rien n’épargne la maire ou la candidate, c’est selon.

Article Sud ouest du 12 juin 2013

Les communaux dans l’hôtel de ville de Pau

370 personnes étaient en grève hier, selon les chiffres de la mairie soit 20 % du personnel ; environ 400 se sont regroupées place Royale puis dans la mairie.

Les agents grévistes se sont abrités dans le péristyle de l'hôtel de ville et sont restés calmes, pas comme en 2008.

Les agents grévistes se sont abrités dans le péristyle de l’hôtel de ville et sont restés calmes, pas comme en 2008. (photo thierry suire)

Sur 2 400 agents de la ville et de la communauté d’agglomération Pau-Pyrénées, le nombre de grévistes était de 370. Ils étaient davantage place Royale et dans le péristyle de la mairie mais il est vrai que seulement un agent sur cinq a cessé le travail. Voici pour les arguments des détracteurs de ce mouvement d’humeur déclenché par trois syndicats sur quatre (CFDT, FO et Sud). Cependant, personne n’a souligné le courage qu’il fallait avoir pour se montrer à visage découvert sous les fenêtres de l’autorité municipale notamment pour des personnels non syndiqués.

Des femmes dont des cadres À l’image de cette attachée territoriale (cadre A) du service population à la personne. « C’est la première fois que je fais grève. Je viens exprimer un ras-le-bol sur le vécu au quotidien. Pour moi, il y a une déconnexion entre le haut et le bas. On met des moyens sur les concepts mais pas sur le travail quotidien des agents. » Une de ses collègues pointe la « réunionite aigüe qui tue la productivité. La transversalité – pas toujours à bon escient – nuit à la qualité du service. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Le service public passe parfois après les ambitions personnelles. »

« Sous couvert de polyvalence, on constate des effectifs de plus en plus réduits » se plaint un employé de l’État civil qui demande à ce que le dialogue « soit renoué avec les organisations syndicales ».

Plusieurs agents du réseau des médiathèques étaient présents dont cette femme, agent de bibliothèque, responsable d’un pôle à la future MIAL. « On ne sent pas la stratégie, les objectifs ne sont pas définis, le projet de la médiathèque n’est pas porté par les élus et les services. Il n’y a aucune reconnaissance de notre travail, il n’y a jamais eu de prise de parole pour nous féliciter, cela fait huit ans qu’on bosse sur le projet. »

« Le réseau des médiathèques compte 35 000 abonnés, c’est plus que les spectateurs d’un stade et c’est toute l’année ! Pourtant, on sent que la lecture publique est portée du bout des lèvres » explique Franck Remazeilles, élu CFDT du personnel.

Thierry Poey-Domenge, représentant de la CFDT fait fi des critiques d’un mouvement « politique »: «On est là pour la défense des agents. Aucun candidat n’a essayé de nous récupérer. » Morad Tahraoui de SUD voit là un mouvement inédit. « Ce n’est pas une grève de grognards, c’est celle de la structuration de la Ville. » Enfin Balbino Martinez de FO estime que « la présence de beaucoup de femmes nous laisse penser que le malaise est profond. 62 cadres qui s’en vont depuis 2008, c’est preuve qu’il y a un problème de reconnaissance. »

Trois élus de la majorité étaient présents : Jean-François Maison, Danièle Iriart et Alain Lacrampe. Hier, par communiqué, Pascal Boniface, adjoint socialiste, a apporté son soutien aux grévistes tandis que les trois élus communistes se sont dits « attentifs et préoccupés ».

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